Fable Ă  pique #14 – Le Chien qui avait un humain de compagnie đŸŠŽ

Fable Ă  pique ou quand les rĂŽles sont inversĂ©s… et la laisse change de cou.

Le Chien qui avait un humain de compagnie 🩮

C’était un chien.
Il voulait sauver un humain, comme les humains disent vouloir sauver des chiens. Mais lui, au moins, ne l’a pas mis sur Kijiji quand ça devenait compliquĂ©.

Il en adopta un.
Il avait les yeux tristes, une cage mentale et une vieille blessure qu’il lĂ©chait entre deux stories.

Il lui a appris les bases :
« Viens. Reste. Ne bois pas dans les toilettes. »

Il lui offrait de la bonne bouffe, bio, sans additifs.
Il avait mĂȘme coupĂ© les croĂ»tes de son sandwich.
L’humain a pleurĂ©, parce qu’il ne goĂ»tait plus rien depuis qu’il avait lĂ©chĂ© une pile.

Il lui avait préparé un coin calme, avec coussin et doudou.
L’humain dormait par terre, ou sur Instagram.

Il l’amenait courir au parc pour libĂ©rer son trop-plein d’énergie.
L’humain prĂ©fĂ©rait courir aprĂšs des gens qui rĂ©pondaient pas Ă  ses textos.

Un jour, l’humain a sautĂ© en bas du balcon pour attraper une mouche.
Deux plñtres, trois points de suture, et un cîne de la honte plus tard

Il surveille les papillons. En silence. Avec méfiance.

Il a mangĂ© un chargeur d’iPhone.
Puis un 20 $ bien croquant.
Puis
 une pilule du coloc. Depuis, il a des opinions politiques
 et pense que les vaccins donnent l’autisme ET la 5G, mais au moins il reçoit bien Netflix.

Le chien a soupirĂ©. Puis appelĂ© l’urgence. Encore.
Mais c’est pas lui qu’on a regardĂ© avec pitiĂ©.

L’humain n’était pas mĂ©chant. Juste
 pas stĂ©rilisĂ© Ă©motionnellement.

Il aurait eu besoin d’amour. De constance. De sĂ©curitĂ©.

Le chien l’a compris trop tard.
Et c’est lui qui s’est retrouvé  derriĂšre une vitre, Ă  attendre.


Morale : Si t’as pas le temps, l’argent, ni la patience pour t’occuper d’un humain,
adopte pas de chien.



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