Fable à pique ou quand le profil « suspect » est livré à la naissance.
Le Raton qui portait un masque. đČ
CâĂ©tait un raton laveur.
Il voulait juste vivre sa petite vie, trier ses déchets et sourire poliment aux chevreuils.
Mais Ă chaque fois quâil montrait ses pattes blanchesâŠ
⊠on lui rappelait quâil portait un masque.
Le raton, il nâavait jamais volĂ© un gland.
Il les enterrait mĂȘme pour les Ă©cureuils, ok ?
Mais bon.
Un masque + des cernes + une passion pour fouiller = profil suspect.
Il avait beau sentir le savon Ă la lavande, on disait quâil sentait le crime.
Il avait des gants ? « Pour pas laisser dâempreintes. »
Un masque ? « Câest louche. »
Une queue touffue ? « Comportement agressif. »
Les écureuils en complet beige, eux, on les appelait « gens de bonne famille ».
Il nâĂ©tait jamais lĂ quand quelque chose disparaissait :
pas lĂ quand le vieux hibou a perdu sa montre,
ni quand les bleuets du marché se sont fait kidnapper par les merles,
et encore moins quand les Ćufs de carouge ont dĂ©cidĂ© de prendre des vacances.
Mais câĂ©tait toujours son nom qui sortait en premier.
Et toujours les mĂȘmes qui disaient :
« Câest pas personnel. Câest⊠instinctif. »
Jusquâau jour oĂč on a retrouvĂ© le vrai coupable.
Un Ă©cureuil beige, complet repassĂ©, sourire impeccableâŠ
On lui a simplement dit : « Faites plus attention, monsieur. »
Puis on a resserré la surveillance sur⊠le raton.

Morale : Ce nâest pas lâinstinct qui juge. Câest lâhabitude.


Laisser un commentaire