Fable Ă  Pique #15 – Le Raton qui portait un masque đŸŠ

Fable à pique ou quand le profil « suspect » est livré à la naissance.

Le Raton qui portait un masque. đŸŒČ

C’était un raton laveur.
Il voulait juste vivre sa petite vie, trier ses déchets et sourire poliment aux chevreuils.
Mais à chaque fois qu’il montrait ses pattes blanches


 on lui rappelait qu’il portait un masque.

Le raton, il n’avait jamais volĂ© un gland.
Il les enterrait mĂȘme pour les Ă©cureuils, ok ?
Mais bon.
Un masque + des cernes + une passion pour fouiller = profil suspect.

Il avait beau sentir le savon à la lavande, on disait qu’il sentait le crime.
Il avait des gants ? « Pour pas laisser d’empreintes. »
Un masque ? « C’est louche. »
Une queue touffue ? « Comportement agressif. »

Les écureuils en complet beige, eux, on les appelait « gens de bonne famille ».

Il n’était jamais lĂ  quand quelque chose disparaissait :
pas lĂ  quand le vieux hibou a perdu sa montre,
ni quand les bleuets du marché se sont fait kidnapper par les merles,
et encore moins quand les Ɠufs de carouge ont dĂ©cidĂ© de prendre des vacances.

Mais c’était toujours son nom qui sortait en premier.
Et toujours les mĂȘmes qui disaient :
« C’est pas personnel. C’est
 instinctif. »

Jusqu’au jour oĂč on a retrouvĂ© le vrai coupable.
Un écureuil beige, complet repassé, sourire impeccable

On lui a simplement dit : « Faites plus attention, monsieur. »
Puis on a resserré la surveillance sur
 le raton.

Morale : Ce n’est pas l’instinct qui juge. C’est l’habitude.



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